Secteurs porteurs
Technologies numériques et services financiers
L’écosystème technologique au Kenya (« Silicon Savannah ») compte 600 start-ups actives et plus de 50 hubs et accélérateurs. Les secteurs à grand potentiel informatique sont la santé, le tourisme, la cybersécurité (74 % des entreprises d’Afrique de l’Est la nommant comme souci prioritaire), la govtech (transition numérique des ministères et des banques), les smart cities (bâtiments économes en énergie et optimisation de la batterie), l’agritech (imagerie par satellite, gestion des cultures, logiciels).
Le rôle de hub régional a favorisé l’établissement de plus de 200 QG régionaux, dont Odoo, Google, Visa, GE, BASF, contre 90 en Tanzanie et 50 en Ouganda. Y contribuent également la présence de l’ONU et l’établissement de 18 centres de données d’ici 2028 (200 MW).
L’âge médian de 20 ans engendre une adoption des paiements mobiles (notamment via M-Pesa) élevée, y compris dans les zones rurales. Enfin, des règles similaires à la RGPD s’appliquent au Kenya.
Construction
Le ralentissement récent du secteur de la construction ne sera que temporaire. En dépit de sa volonté de faire des économies, l’Etat commande nombre d’études dans les domaines de l’eau et de l’énergie. Le marché kenyan peut se révéler intéressant pour les fournisseurs de machines, outils et produits électroniques ainsi que pour les bureaux d’architecture. Pour les entreprises européennes, les projets de construction deviennent moins chers, car le shilling kényan s’est de nouveau apprécié depuis 2024. Les importations sont ainsi devenues plus abordables. Cela vaut également pour des matériaux de construction importants comme le ciment et le bitume ou des produits intermédiaires essentiels comme la peinture et les composants de toiture.
Il existe une activité de construction élevée du côté privé, mais elle est principalement à faible coût. Si la dette publique freine les investissements publics, les partenariats avec le secteur privé se multiplient. De plus, la niche « Green Building » se développe.
Agriculture et agroalimentaire
Les prix élevés d‘importations agricoles favorisent le secteur agricole local, qui reste cependant dominé par de petits agriculteurs et ne se modernise que lentement. Le secteur représente un quart du PIB, la première source des recettes d’exportation et assure la subsistance (emploi, revenu et sécurité alimentaire) de 70 % de la population kényane. Les agriculteurs, qui sont habitués à des systèmes d’agriculture pluviale, sont poussés vers des zones plus sèches et plus marginales, où ils deviennent de plus en plus vulnérables à la sécheresse et à l’imprévisibilité des conditions météorologiques résultant du changement climatique. A long terme, si la production n’augmente pas de manière significative, le Kenya dépendra des importations. De plus, l’industrie alimentaire suscite un intérêt croissant.
L’offre kenyane étant quasiment inexistante pour fournir l’irrigation et les cultures industrielles en équipements, ingrédients et conseils, les entreprises européennes ont toute leur chance. Malgré la forte concurrence chinoise et indienne tirant les prix vers le bas, l’augmentation de la population, estimée à 66 millions en 2030 contre 56 millions en 2024, crée des opportunités.
Santé
La croissance démographique mène à une demande croissante de traitements de maladies chroniques comme le cancer, le diabète et les maladies cardiovasculaires. Le Kenya possède le deuxième système de santé d’Afrique. La moyenne des dépenses en santé par personne se situe à 100 USD annuels. Le secteur de la santé représente environ 5 % du PIB kenyan. Avec 650 millions d’euros, le marché a augmenté de 50 % en 5 ans. 72 % des produits médicaux distribués est importé. La santé est un pilier d’action prioritaire du gouvernement. Les produits bon marché en provenance d’Asie dominent le marché, de sorte qu’un suivi intensif des clients est nécessaire pour convaincre les clients potentiels du produit wallon. En outre, la santé numérique prend de l’ampleur au Kenya, notamment au vu de la mauvaise qualité des soins dans les zones rurales.
Les secteurs de la santé public et privé se partagent le marché quasiment équitablement. C’est avant tout le secteur privé qui croîtra dans les prochaines années, encouragé par une classe moyenne croissante venant du Kenya et de toute la région d’Afrique de l’Est. Principalement à Nairobi, les hôpitaux, les cabinets médicaux et les centres de diagnostic investissent régulièrement dans le développement de leurs capacités. La qualité et le service clientèle sont des facteurs de conviction.
Eau et environnement
80 % de la superficie du Kenya est constituée de terres arides et semi-arides. De plus, le Kenya connaît un stress hydrique sévère, avec 617 m³ de resources en eau douce par an par habitant et moins de 500 m³ / an / hab attendus en 2030. La croissance démographique, l‘urbanisation, les précipitations irrégulières et les défis environnementaux font augmenter la demande en composants techniques et en savoir-faire. La réglementation environnementale pousse l’industrie et l’agriculture à investir dans le traitement des eaux usées et des autres déchets.
Le volume des déchets au Kenya augmente de manière drastique. Les entreprises de traitement des déchets ne sont pas en mesure d’y répondre. Outre les accumulations de déchets dans les quartiers, les décharges surchargées produisent parfois des liquides toxiques pouvant s’infiltrant dans la nappe phréatique. Le gouvernement manque d’argent pour moderniser durablement le secteur. Sauf interactions actives de la part des entreprises européennes, les technologies bon marché d’Asie gagnent.
Energie
Le Kenya a des ambitions d’envergure pour étendre son réseau dans tous les domaines. Selon la « Politique énergétique nationale 2025-2034 », le ministère de l’Energie et du Pétrole vise une industrialisation verte et une électrification qui passe de 75 % actuellement à 100 % en 2030. Toutefois, la dette publique élevée et les coopérations avec le secteur privé mises en veille freinent les investissements. Les solutions hors réseau sont florissantes, mais les marges sont plus faibles qu’il y a quelques années. L’époque des marges élevées est révolue, car il existe une concurrence abondante avec des solutions toujours meilleures.
Le Kenya consomme principalement de l’énergie issue de la géothermie, de l’hydraulique, du solaire et de l’éolien. L’énergie verte représente 92 % de la consommation. Les centrales thermiques utilisant des sources d’énergie fossiles ne sont mises en marche qu’en cas « d’urgence ». Des centrales à gaz sont envisagées. Néanmoins, les observateurs estiment que les projets de centrales actuellement prévus sont loin d’être suffisants pour atteindre une augmentation annuelle nécessaire d’environ 120 à 150 mégawatts. Quant à l’hydraulique, des barrages dits multi-usages peuvent être utilisés pour l’irrigation agricole. Les parcs solaires ne seront construits, à la demande du gouvernement, que s’ils sont simultanément dotés d’une certaine capacité de stockage. Plus le réseau est peu fiable et coûteux, meilleures sont les conditions-cadres pour les solutions hors réseau, notamment avec la technologie solaire, qui continue son essor des dix dernières années.