Guinée

Secteurs porteurs

Secteur minier

En 2025-2026, d’après EIU, la croissance sera guinéenne dopée par les secteurs minier (diamants, or, bauxite), outre les services et l’agriculture. Le secteur des minerais de fer sera prioritaire pour le gouvernement, avec l’exploitation de la mine de fer Simandou.

Plus encore que pour son potentiel de production, Simandou revêt une importance particulière en raison de la haute qualité de son minerai de fer. Son degré élevé de pureté permet une transformation par réduction directe, moins émettrice de CO₂, au lieu des hauts fourneaux traditionnels fonctionnant au coke. Dans ce contexte, le géant chinois de l’acier Baosteel construit dans la province du Guangdong une aciérie reposant sur la réduction directe, qui devrait être approvisionnée en minerai de fer provenant de Simandou.

Situé dans le sud-est de la Guinée, le gisement de Simandou disposerait de réserves estimées à deux milliards de tonnes de minerai de fer. À pleine capacité, les quatre mines du site pourraient produire 120 millions de tonnes par an. À titre de comparaison, l’Australie, de loin le premier producteur mondial, a extrait environ 960 millions de tonnes en 2023, tandis que le Brésil occupe la deuxième place avec 440 millions de tonnes.

GTAI indique que le gisement de Simandou est exploité par deux grands consortiums. Les blocs 1 et 2 sont développés par Winning Consortium Simandou (WCS), dont Baosteel est désormais le principal actionnaire. Les blocs 3 et 4, situés plus au sud, sont exploités par Simfer, un consortium majoritairement détenu par le groupe minier anglo-australien Rio Tinto. Pour assurer le transport et l’exportation du minerai, une ligne ferroviaire d’environ 670 kilomètres reliant le site à l’Atlantique et au port de Morebaya, actuellement en construction, est prévue. Les premières livraisons sont désormais attendues pour fin 2025. Le projet a longtemps été retardé en raison d’une structure de propriété complexe, de litiges juridiques et de changements politiques en Guinée. L’engagement de la Chine a finalement joué un rôle décisif dans sa mise en œuvre.

Eau et énergies

La production et la distribution de l’électricité et le secteur de l’eau sont des secteurs stratégiques, soumis à une réglementation particulière.

L’hydroélectricité constitue un autre axe majeur de croissance pour la Guinée. Grâce à l’abondance de ses resources hydrauliques, le pays est en mesure non seulement de satisfaire ses propres besoins énergétiques, mais également d’exporter de l’électricité vers les pays voisins. Par ailleurs, l’investissement dans les énergies renouvelables, en particulier l’énergie solaire et éolienne, représente une perspective prometteuse, sous réserve de la mobilisation de financements adéquats.

Services techniques

D’après EIU, le déficit des services, qui reflète la dépendance du pays à l’égard des importations de services techniques, continuera à se creuser en 2025-26, en raison de l’augmentation de la demande de services liés aux nouveaux projets miniers et d’infrastructure.

Agriculture

En Guinée, l’agriculture repose principalement sur les cultures vivrières comme le riz, le maïs et le manioc, ainsi que sur quelques productions d’exportation telles que le café et les fruits tropicaux. Malgré son importance, le secteur demeure faiblement productif et exposé aux risques climatiques, en raison d’un accès limité aux technologies modernes et aux infrastructures de stockage.

Face à ces contraintes, des réformes engagées en 2024 visent à stimuler l’agro-industrie, considérée comme un moteur potentiel de transformation économique et de création d’emplois. Le renforcement des chaînes de valeur agricoles, en particulier dans la transformation du riz et des fruits, est ainsi identifié comme un axe clé de diversification.

Ainsi, la Guinée connaît un renouveau de son secteur caféier, avec une nette hausse de la production ces dernières années. Le café robusta joue un rôle croissant dans cette dynamique. Le pays mise sur des partenariats internationaux, le développement de coopératives et le renforcement des compétences des petits producteurs, ainsi que sur une transformation locale accrue.

Santé

Le système de santé guinéen demeure insuffisamment développé et souffre d’un déficit important en personnel qualifié. Il est donc impératif de renforcer la formation des médecins, infirmiers, techniciens de laboratoire et autres professionnels de santé afin de répondre aux besoins d’une population en constante croissance et de faire face aux défis sanitaires, notamment les maladies infectieuses telles que le paludisme et la fièvre Ebola, ainsi que les maladies chroniques.