Costa Rica – Secteurs porteurs
Le Costa Rica, reconnu pour sa stabilité politique et son économie dynamique, se positionne aujourd’hui comme un marché porteur pour les exportateurs wallons. Entre technologies de pointe, agro-industrie durable, services innovants et solutions écologiques, le pays offre de nombreuses opportunités pour des entreprises à la recherche de partenariats stratégiques et de débouchés à forte valeur ajoutée. S’ouvrir au marché costaricain, c’est non seulement conquérir un nouveau territoire, mais aussi s’inscrire dans une économie en pleine croissance, tournée vers l’innovation et la durabilité.
L’agriculture
Le secteur agricole du Costa Rica constitue un pilier économique clé, en particulier grâce à ses productions orientées à l’exportation. Par exemple, l’agroalimentaire représentait près de 41,5 % des exportations totales du pays récemment, principalement autour de l’ananas et de la banane. Le secteur emploie aussi une part non négligeable de la main-d’œuvre, avec environ 13,4 % de l’emploi total dans les zones rurales. Cela montre que même s’il ne constitue plus la majorité de l’économie costaricaine, l’agriculture demeure un volet structurant pour les exportations, l’emploi rural et la subsistance.
En matière de production, le Costa Rica se distingue par des cultures tropicales à haut rendement et forte vocation exportatrice. Le pays est par exemple un des tout premiers producteurs mondiaux d’ananas, de bananes et d’huile de palme. Ces cultures d’exportation représentent une part importante de ses revenus extérieurs et jouent un rôle stratégique dans son modèle économique. Toutefois, le secteur connaît aussi des défis : la production de café et de banane a récemment subi des baisses en raison de la valorisation du colón et de la baisse de la demande externe. Ces tensions indiquent que, malgré son dynamisme, le secteur doit s’adapter à la volatilité des marchés internationaux et aux coûts de production croissants.
Sur le plan de la stratégie nationale, le Costa Rica a mis en œuvre une série de politiques visant à moderniser, rendre plus durable et compétitive son agriculture. La Política Pública para el Sector Agropecuario Costarricense 2023‑2032, adoptée en janvier 2023, vise notamment à accroître la productivité, à stimuler les exportations agricoles, à soutenir l’innovation et à promouvoir l’adaptation au changement climatique. Par ailleurs, le Plan Nacional de Agricultura Familiar 2020‑2030 s’adresse plus spécifiquement à l’agriculture familiale : il vise à renforcer les petits producteurs, améliorer les chaînes de valeur locales et créer des conditions de développement rural inclusif. Enfin, dans le cadre du Plan Nacional de Descarbonización, le secteur agricole est ciblé pour devenir « low-carbon », résilient et durable d’ici 2030/2050. Ce triple cadrage stratégique — compétitivité + inclusion + durabilité — montre que l’agriculture au Costa Rica est pensée comme un secteur à haut potentiel, tout en devant relever des défis croissants liés à l’environnement et au marché global.
Sur le plan des produits exportés, les cultures phares du Costa Rica sont les bananes et les ananas : en 2022, ces deux produits représentaient chacun environ ~41 % de la valeur des exportations agricoles nationales (soit ~13,2 % de l’ensemble des exportations du pays) pour l’ananas, et ~42,7 % pour la banane. Par ailleurs, pour l’ensemble des agro-alimentaires (produits agricoles et issus de l’agro-industrie), on estime qu’ils représentaient ~37 % de la valeur des biens exportés. En termes de marchés principaux, les États-Unis et le Canada figurent parmi les premiers clients, de même que l’Europe et l’Amérique du Sud. Ceci montre que le Costa Rica a su orienter ses productions agricoles vers l’export, avec des cultures stratégiques à forte valeur ajoutée et des débouchés internationaux bien définis.
En ce qui concerne les besoins en matière d’agriculture de précision, le Costa Rica est en pleine mutation vers un modèle agricole plus connecté et efficient. Des initiatives récentes montrent l’installation de serres « intelligentes » équipées de capteurs de lumière, humidité, température, ventilation automatisée, grâce à un projet conjoint entre le Banco Centroamericano de Integración Económica (CABEI) et la Corée du Sud. De plus, un rapport sur l’agritech au Costa Rica indique que les technologies de précision (drones, imagerie, connectivité, blockchain) sont en croissance mais rencontrent encore des freins (coûts, infrastructure en zone rurale, formation) : les besoins portent sur – machines agricoles modernes dotées de guidage/automatisation – semences de haute performance adaptées au climat tropical et résistantes aux maladies (comme pour la pomme de terre) – intrants (fertilisants, pesticides, irrigation) mieux calibrés grâce à la télédétection et aux plateformes de gestion de données. L’enjeu est d’augmenter la productivité tout en réduisant l’usage des ressources (eau, fertilisants, pesticides) et l’impact environnemental, et de permettre aux petits et moyens producteurs de s’insérer dans ce schéma de modernisation.
Les énergies renouvelables, des opportunités grandissantes
Si les pays d’Amérique latine et des Caraïbes souffrent de pénuries de combustibles fossiles, ils possèdent toutefois une multitude de sources d’énergies renouvelables attractives. Afin de répondre à ses besoins énergétiques, une grande partie de la région exploite déjà son impressionnante capacité en énergies hydraulique et géothermique. On remarque actuellement dans la région une envie de développer d’autres formes d’énergies renouvelables, en particulier les énergies solaire et éolienne, ainsi que la bioénergie, qui sont toujours inexploitées.
L’un des grands atouts économiques du Costa Rica réside dans son secteur de production électrique « propre ». Le pays a réussi à générer près de 99 % de son électricité à partir de sources renouvelables en 2021. Par exemple, l’hydraulique représente environ 70-75 % de cette production, la géothermie autour de 12-13 % et l’éolien environ 10-12 %. Cette performance exceptionnelle confère au pays une vraie valeur ajoutée : une indépendance vis-à-vis des combustibles fossiles (au moins dans le parc électrique), une attractivité accrue pour des investisseurs ou des partenaires techniques dans les technologies vertes, et des coûts d’électricité relativement maîtrisés grâce à l’usage de ressources naturelles « gratuites ».
La matrice électrique costaricaine est donc largement dominée par les renouvelables, notamment l’hydroélectricité (70 % environ) complétée par géothermie, éolien, biomasse et solaire. Au plan national, le VII Plan Nacional de Energía 2015‑2030 fixe les grandes orientations : accroître les capacités renouvelables, promouvoir l’efficacité énergétique, le développement des réseaux de distribution, et l’autoconsommation. Parmi les projets majeurs récents :
- Une procédure d’appel d’offres (en 2025) pour installer 100 MW de centrales photovoltaïques dans la province de Puntarenas, afin de diversifier l’approvisionnement et de renforcer la résilience face à la variabilité climatique.
- Le lancement d’une stratégie nationale de l’Hydrogène vert (« Green Hydrogen ») qui vise à tirer parti de la forte part de renouvelables pour produire de l’hydrogène à faible émission, avec une capacité visée de jusqu’à 6 millions de tonnes/an d’ici 2030.
Le secteur de la santé
Le secteur de la santé au Costa Rica s’impose comme un véritable levier économique. Le pays dispose d’un système de santé solide — avec une dépense de santé publique estimée autour de 5,33 % du PIB. Le fait que le pays soit reconnu pour la qualité de ses soins et pour son attractivité dans le tourisme médical renforce cet élément (par exemple pour des interventions en orthopédie, ophtalmologie ou chirurgie esthétique). Cette dynamique place la santé non seulement comme un secteur de service mais également comme un moteur industriel (équipements, dispositifs médicaux, biotech) à forte valeur ajoutée.
Dans le registre industriel, on trouve au Costa Rica une implantation importante d’entreprises de dispositifs médicaux et de technologies de santé. Le pays accueille plus de 90 entreprises internationales dans ce domaine, produisant des dispositifs pour l’Amérique du Nord, l’Europe et au-delà. Le secteur des technologies médicales constitue aujourd’hui le premier produit d’exportation du pays, avec une part d’export dépassant 40 % du total des exportations costariciennes. On y retrouve des sous-segments très spécialisés : dispositifs cardiovasculaires, orthopédie, endoscopie, optique, neuro-modulation, etc. Cette concentration industrielle autour de la santé crée une chaîne de valeur, des compétences locales et des opportunités d’exportation mais aussi d’investissement pour des acteurs étrangers.
Les plans nationaux et les orientations stratégiques du Costa Rica offrent des portes d’entrée pour les entreprises européennes dans ce secteur. Un exemple marquant est la National Digital Health Strategy Costa Rica 2023‑2030, qui vise à transformer numériquement le secteur santé — gouvernance, interopérabilité des données, littératie numérique des professionnels. Par ailleurs, le plan de la Caja Costarricense de Seguro Social (CCSS) prévoit près de 348 projets d’infrastructure hospitalière sur 20 ans, représentant plusieurs milliards de dollars. Pour une entreprise européenne exportatrice ou installatrice de dispositifs médicaux, de systèmes de santé digitaux ou de services associés (formation, maintenance, télé-santé), le Costa Rica présente un environnement favorable : accords de libre-échange, incitations à l’investissement dans les zones franches, main-d’œuvre qualifiée. En résumé : la santé au Costa Rica est à la fois un secteur économique à maturité industrielle et un terrain d’opportunités pour les exportateurs/partenaires européens.
Depuis 1987, les multinationales issues du milieu médical ne cessent de s’implanter au Costa Rica. Baxter, Advant Medicla, No-Varix, Okay Industries, Aspen Pharma, Astra Zeneca, Bayer, Merck, Pfizer,Roche, Boston Scientific, Abbott Vascular, Medtronic font partie des principaux employeurs privés du pays dans ce secteur.
Depuis l’entrée en vigueur du volet commercial (1er octobre 2013) de l’Accord d’Association entre l’Union Européenne et les pays d’Amérique Centrale, les barrières douanières des dispositifs médicaux ont été partiellement diminuées. Ces produits représentent la source principale d’exportations du pays. Résultat : le Costa Rica est le second pays d’Amérique latine à exporter des dispositifs médicaux (après le Mexique). Les principaux clients sont les Etats-Unis (55.7%), les Pays-Bas (10,8%), la Belgique et le Luxembourg (8,7%) et le Japon (6,1%). Il dispense également de bonnes formations à la fabrication et à la manutention des dispositifs médicaux de classe 1 à 3 (la classe 1 étant la plus basique), permettant une plus grande sensibilisation aux produits et matériaux médicaux de haut niveau provenant de l’étranger.
Le secteur du tourisme
Le tourisme est un pilier clé de l’économie costaricienne. Selon des données de l’OCDE, le tourisme représentait directement environ 5 % du PIB en 2022. Toutefois, quand on inclut les effets indirects (chaînes de valeur, emplois connexes), cette part monte à 12-13 % du PIB. Ce poids prépondérant traduit combien l’arrivée des touristes, les dépenses qu’ils génèrent et le développement d’infrastructures dédiées constituent un important moteur de croissance, notamment pour les zones rurales, côtières ou volcaniques du pays.
Le secteur a connu une forte dynamique, mais aussi des chocs. En 2024, le pays a enregistré un rebond marqué : les revenus liés au tourisme ont dépassé 5 milliards USD et une croissance des arrivées de +14,5 % entre janvier et juin 2024 a été observée. Ce redressement témoigne de la résilience du modèle, mais il reste sensible aux facteurs externes tels que la connectivité aérienne, le contexte mondial ou encore la concurrence régionale. Par ailleurs, la part du tourisme dans les revenus de services d’exportation atteint près de 40-50 %.
Le gouvernement costaricien a lancé en 2022 le Plan Nacional de Turismo 2022‑2027 qui fixe comme objectifs : atteindre ~3,8 millions de touristes internationaux et ~4,9 milliards USD de revenus d’ici 2027. Ce plan repose sur trois piliers : la durabilité, l’innovation et l’inclusion. Parmi les projets concrets figurent :
- Le développement de nouvelles infrastructures touristiques (quais, accès aux parcs, zones peu visitées) pour diversifier l’offre.
- Le renforcement du tourisme domestique et régional afin de lisser l’activité tout au long de l’année et de mieux répartir les flux.
- La valorisation du tourisme durable en tant que marque de pays, en lien avec la biodiversité et les parcs naturels.
Ces initiatives montrent que le tourisme reste « économiquement porteur » pour le Costa Rica, mais qu’il entre désormais dans une phase de consolidation et de modernisation. Un défi majeur sera de poursuivre la croissance tout en évitant la surexploitation des ressources naturelles et en renforçant les circuits inclusifs pour les communautés locales.