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Approche du marché

Faire des affaires au Cambodge peut offrir de belles opportunités, mais cela nécessite une bonne préparation et une compréhension fine du marché local. Voici quelques conseils clés pour les entreprises qui souhaitent s’implanter ou développer leurs activités.

Contexte général

L’économie cambodgienne traverse actuellement une phase de reprise progressive mais contrastée, après les chocs successifs liés à la pandémie de COVID‑19 et au ralentissement économique mondial. Le pays demeure l’une des économies à croissance relativement élevée en Asie du Sud‑Est, tout en étant confronté à des défis structurels importants liés à la diversification de son modèle économique, à la vulnérabilité aux chocs externes et à la correction en cours de certains secteurs clés.

Selon le Fonds monétaire international (FMI), la croissance du PIB réel s’est établie à environ 5,5 % en 2024 et devrait atteindre environ 5,8 % en 2025, portée principalement par la reprise des exportations manufacturières, la bonne tenue des exportations agricoles et la poursuite du redressement du tourisme international, même si celui‑ci reste en deçà des niveaux d’avant crise. La Banque mondiale (BM) et la Banque asiatique de développement (BAD) convergent vers des prévisions similaires, tout en soulignant le caractère inégal de la reprise, avec des écarts marqués entre secteurs exportateurs et secteurs domestiques.

Le secteur manufacturier orienté vers l’exportation, en particulier le textile‑habillement, les chaussures et les articles de voyage, demeure un pilier central de l’économie cambodgienne et a bénéficié du redressement de la demande sur les marchés américain et européen. Parallèlement, on observe une diversification progressive vers des activités manufacturières non traditionnelles, telles que les composants électroniques, les équipements électriques et certaines activités d’assemblage, soutenues par les investissements étrangers et le développement des zones économiques spéciales. Les exportations agricoles, notamment le riz, le manioc, le caoutchouc et les noix de cajou, ont également contribué positivement à la croissance.

À l’inverse, le secteur de la construction et de l’immobilier connaît un ralentissement marqué. Après une période d’expansion rapide alimentée par les investissements étrangers, en particulier chinois, le secteur fait face à une correction significative, caractérisée par une baisse des nouveaux projets, un ralentissement du crédit et une augmentation des prêts non performants dans le système bancaire. Cette situation pèse sur la demande intérieure, l’investissement privé et la croissance des secteurs non échangeables.

Sur le plan macroéconomique, le Cambodge bénéficie néanmoins de fondamentaux relativement solides. L’inflation est restée contenue, avec une moyenne inférieure à 1 % en 2024 et une remontée modérée autour de 2 à 2,5 % en 2025, principalement liée à l’évolution des prix alimentaires, tandis que les coûts de l’énergie sont restés modérés. Le taux de change du riel par rapport au dollar américain est demeuré stable, soutenu par la politique prudente de la Banque nationale du Cambodge et par un niveau confortable de réserves internationales, couvrant environ sept mois d’importations.

Les investissements directs étrangers (IDE) continuent de jouer un rôle central dans l’économie cambodgienne. La Chine reste de loin le premier investisseur, représentant près de 

Cinq conseils aux entreprises

1. Anticiper rigoureusement les exigences réglementaires et douanières dès l’amont

Le cadre juridique cambodgien en matière d’importation est globalement aligné sur les standards internationaux, mais sa mise en œuvre reste exigeante sur le plan administratif. Il est essentiel de préparer en amont l’ensemble de la documentation douanière (factures, certificats, listes de colisage) et de vérifier précisément les droits de douane, la TVA à l’importation et les éventuelles licences ou autorisations sectorielles. Les entreprises wallonnes gagneront à travailler étroitement avec leur importateur ou transitaire local afin d’éviter retards, surcoûts ou blocages à l’entrée sur le marché.

2. Adapter les produits aux normes locales et aux règles d’étiquetage

La conformité aux normes techniques et aux règles de protection du consommateur est un facteur déterminant pour un accès durable au marché cambodgien. Selon les produits, des normes obligatoires peuvent s’appliquer, notamment dans les secteurs de l’agroalimentaire, de la santé, des cosmétiques ou des équipements techniques. Une attention particulière doit être portée à l’étiquetage, qui doit obligatoirement comporter des informations en langue khmère, sous peine de sanctions ou de retrait du marché. L’adaptation des emballages et notices doit donc être intégrée dès la stratégie export.

3. Protéger sa propriété intellectuelle avant l’entrée sur le marché

Le Cambodge fonctionne sur un principe de « premier déposant » en matière de marques et de brevets. Une entreprise wallonne qui n’enregistre pas ses droits localement s’expose à des risques de contrefaçon ou d’appropriation de sa marque par des tiers. Il est fortement recommandé de procéder à l’enregistrement des marques, et le cas échéant des brevets ou dessins et modèles, avant toute commercialisation, même à petite échelle. Cette démarche constitue un préalable indispensable pour sécuriser les investissements commerciaux à moyen et long terme.

4. Sécuriser les relations commerciales par des contrats solides et des mécanismes de règlement des litiges adaptés

Les relations commerciales au Cambodge reposent largement sur des partenaires locaux (distributeurs, agents, importateurs). Les contrats doivent être soigneusement rédigés, en précisant clairement les obligations des parties, les modalités de paiement, les conditions de résiliation et les responsabilités. Compte tenu des limites du système judiciaire local, il est fortement conseillé d’inclure des clauses d’arbitrage international. Le Cambodge étant signataire de la Convention de New York, les sentences arbitrales étrangères y sont en principe reconnues et exécutoires.

5. Adopter une approche prudente et structurée en matière de conformité et d’éthique des affaires

Si le cadre légal cambodgien interdit formellement la corruption, les risques en matière de pratiques non conformes demeurent élevés dans certains secteurs. Les entreprises wallonnes doivent appliquer des règles strictes de conformité, tant au regard de la législation locale que de leurs obligations européennes et belges. Une sélection rigoureuse des partenaires, une transparence accrue des transactions et la mise en place de procédures internes de contrôle constituent des éléments essentiels pour limiter les risques juridiques, financiers et réputationnels.

Sites utiles

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