Arabie saoudite - Secteurs porteurs
L’économie de l’Arabie saoudite a longtemps reposé sur les rentes issues de l’exploitation de ses réserves de pétrole et de gaz : ces ressources restent ainsi centrales dans l’économie saoudienne (60% des revenus du gouvernement en 2024).
Néanmoins depuis 2016, le pays mène une stratégie de diversification économique visant à réduire la dépendance aux hydrocarbures, stimuler le secteur privé, attirer les investissements étrangers, et développer des secteurs non-pétroliers. Ce plan de diversification est appelé « Vision 2030 ». Au travers de cette vision, le gouvernement saoudien a lancé des « giga-projets » (projets massifs d’infrastructures, villes nouvelles, zones économiques spéciales et zones de développement touristique) qui servent de leviers structurants pour les secteurs émergents.
Ainsi, l’objectif est clair : favoriser des secteurs « porteurs » dans lesquels l’Arabie saoudite peut acquérir des avantages comparatifs, tout en offrant des opportunités pour les investisseurs internationaux. Voici les différents secteurs qui sont les plus prometteurs sur le marché saoudien actuellement :
Construction et infrastructures
Le secteur de la construction et des infrastructures est au cœur de la transformation économique saoudienne. Il est porté par : la croissance démographique (environ 35 millions d’habitants en 2025, +2 %/an), la forte urbanisation et la modernisation des réseaux, le lancement de giga-projets urbains et touristiques (NEOM, Qiddiya, Diriyah Gate, Red Sea…) et le développement de nouveaux hubs logistiques, industriels et résidentiels dans tout le pays.
Ce secteur est aujourd’hui l’un des plus dynamiques du Moyen-Orient, avec des volumes d’investissement publics parmi les plus élevés au monde. Voici une idée de ces budgets colossaux :
Giga-projets urbains & touristiques : plusieurs centaines de milliards de dollars cumulés (NEOM, Diriyah, Red Sea, Qiddiya, AlUla,…)
Infrastructures de transport :147 milliards de dollars d’investissements prévus d’ici 2030 pour les routes, chemins de fer, métros et ports
Construction résidentielle & bâtiments publics : objectif de construction de 300 000 logements/an, avec un fort soutien aux PPP.
Opportunités concrètes pour les entreprises wallonnes :
- Ingénierie & architecture : études techniques, conception BIM, urbanisme durable, ingénierie spécialisée
- Matériaux & équipements : solutions innovantes, matériaux de niche (isolation, structures légères, techniques vertes)
- Travaux publics : sous-traitance sur projets d’infrastructure (routes, tunnels, ferroviaire, bâtiments publics)
- Construction durable : l’expertise européenne est valorisée pour répondre aux exigences environnementales croissantes
- Smart cities : Solutions IoT, gestion énergétique, systèmes urbains intégrés.
Énergies renouvelables & transition énergétique
Au travers de son Programme national d’énergies renouvelables, le royaume vise à produire une part importante (50 %) de son électricité à partir de sources renouvelables à l’horizon 2030. Des projets solaires, éoliens, de stockage d’énergie, de réseaux intelligents et d’hydrogène vert, de grande envergure sont sur la table et offrent leurs lot d’opportunité pour les entreprises du secteur. Nous pouvons à titre d’exemple mentionner l’annonce en juillet 2015 d’ACWA Power, Badeel et SAPCO d’investir environ 8,3 milliards de dollars pour développer 15 000 MW d’énergies renouvelables. Les projets portés par ce consortium comprennent la construction de cinq nouvelles centrales solaires photovoltaïques ainsi que de deux parcs éoliens. L’accord reflète l’engagement du Fonds d’investissement public (PIF) à atteindre 70 % des objectifs nationaux en matière d’énergies renouvelables d’ici 2030.
Tourisme, loisirs, culture & divertissement
Jusqu’à la deuxième moitié des années 2010, les activités de divertissement public étaient limitées : pas de cinéma, peu d’événements culturels, peu de festivals ouverts au public. Le gouvernement a alors décidé d’ouvrir progressivement l’espace public et de créer une véritable “entertainment industry” locale. Le gouvernement saoudien, au travers de la General Entertainment Authority, prévoit d’investir près de 64 milliards de dollars dans le secteur du divertissement sur 10 ans.
Dans la Vision 2030, le tourisme est également un levier majeur : ouverture du pays au tourisme international (objectif d’atteindre les 100 millions de visiteurs par an), promotion du patrimoine historique (Diriyah, AlUla, etc), villes de tourisme côtier (Red Sea Project, Neom), ville dédiée aux divertissements (Qiddiya). Ceci se traduit donc par un nombre importants de projets de stations balnéaires, d’infrastructures de loisirs, d’hôtels de luxe ou encore de parcs à thèmes. Au final, ce sont des centaines de milliards de dollars qui seront investis dans le développement des différents giga-projets.
Au niveau des entreprises wallonnes, voici quelques sous-secteurs où vous pouvez avoir une carte à jouer :
- Équipements et infrastructures : Fourniture de solutions pour parcs à thèmes, cinémas, spectacles (son, lumière, VR, scénographie…)
- Ingénierie & construction : Expertise pour les complexes culturels, parcs d’attractions, salles polyvalentes
- Gestion d’événements : solutions et conseils pour l’organisation de festivals, la programmation ou encore la production technique
- Formation : partenariats avec des écoles ou centres pour développer les compétences locales dans l’audiovisuel et l’événementiel
- Partenariats culturels : coproductions, échanges d’artistes, circuits de festivals
- Tech & e-sport : Développement de plateformes, studios de jeux, contenus immersifs, AR/VR
Sciences de la vie et biotechnologies
L’Arabie saoudite considère la santé comme l’un des secteurs prioritaires de Vision 2030, afin d’améliorer la qualité et l’accessibilité des soins pour une population jeune mais en croissance rapide, réduire la dépendance aux importations pharmaceutiques et médicales (actuellement plus de 80 % des médicaments sont importés), développer une industrie locale de biotechnologie et de production pharmaceutique forte afin de devenir le hub régional de ce secteur.
Ainsi, plus de 65 milliards USD de budget public ont été dédiés à la santé en 2023 (environ 7 % du budget national), avec une croissance annuelle constante. Le gouvernement a également lancé la « National Biotech Strategy » qui vise à ce que le secteur représente 34,6 milliards de dollars du PIB du pays d’ici 2040 et attire 100 milliards de dollars d’investissements cumulés d’ici 2030, publics et privés.
L’objectif est clair : produire localement 40 % des médicaments consommés dans le Royaume d’ici 2030 et pousser la recherche et l’innovation au travers de la création de clusters de recherche dans NEOM, KAUST (King Abdullah University of Science and Technology) et dans des zones économiques spéciales dédiées aux sciences de la vie.
La clé pour les entreprises biotechs wallonnes pour pénétrer durablement le marché saoudien sera d’envisager des partenariats afin de développer des solutions localement. Si cela pourrait en décourager certains, il faut envisager la démarche comme une opération win-win, car cela ouvre la porte à de grandes possibilités de financement et d’investissement !
Nouvelles technologies
La transition vers une économie digitalisée constitue un axe stratégique majeur de la Vision 2030. Celle-ci ambitionne de faire de l’Arabie saoudite un hub technologique régional de premier plan, en misant sur le développement massif de secteurs tels que les smart cities, le e-commerce, la fintech, les solutions cloud, la cybersécurité, l’intelligence artificielle (IA), l’Internet des objets (IoT), la blockchain, au final dans toutes les nouvelles technologies émergentes.
Le numérique est ainsi appelé à devenir un levier essentiel de diversification économique, avec une contribution attendue de 18 milliards de dollars supplémentaires au PIB d’ici 2030.
Pour atteindre ces objectifs ambitieux, le Royaume a engagé des investissements colossaux, se chiffrant en dizaines de milliards de dollars sur plusieurs années, à travers plusieurs initiatives structurantes :
- La National Strategy for Data & Artificial Intelligence (NSDAI), qui prévoit 20 milliards de dollars d’investissements d’ici 2030 pour faire du pays un leader mondial dans l’IA et les données.
- La Saudi Cloud First Policy, visant à accélérer l’adoption du cloud computing à travers le développement de data centers locaux et de services cloud souverains, en partenariat avec des acteurs mondiaux du secteur.
- La création de la National Cybersecurity Authority, chargée de bâtir une infrastructure de cybersécurité robuste à l’échelle nationale, essentielle pour garantir la confiance numérique.
Ces efforts s’inscrivent dans une dynamique plus large, où les secteurs public et privé sont appelés à collaborer étroitement pour stimuler l’innovation, attirer les talents et renforcer la souveraineté technologique du Royaume.