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Allemagne – Secteurs porteurs

Avec un produit intérieur brut de 4 305 milliards d’euros en 2024, l’Allemagne est la troisième économie mondiale après les États-Unis et la Chine, juste devant le Japon, ce qui en fait la première économie européenne. Les exportations de voitures et de pièces automobiles, ainsi que de produits chimiques ont notamment fait de l’Allemagne la troisième nation exportatrice mondiale. Le secteur des services représente la plus grande part du produit intérieur brut (PIB) du pays (70 %).

Les indicateurs économiques ne sont pas favorables en 2025. L’économie allemande a connu une contraction plus forte que prévu au deuxième trimestre 2025. Selon l’Office fédéral des statistiques, le produit intérieur brut (PIB) a reculé de 0,3 % par rapport au trimestre précédent. Les droits de douane américains plus élevés rendent plus difficile l’activité commerciale sur l’important marché américain, par exemple pour les constructeurs automobiles et les entreprises de construction mécanique, ce qui contribue à ralentir la croissance de la plus grande économie européenne. Le nombre de chômeurs en Allemagne a dépassé la barre des trois millions en août 2025.

Les importations allemandes représentent 5,9 % de l’ensemble des marchandises importées dans le monde. Les cinq principaux produits importés par l’Allemagne en 2024 en termes de valeur sont les voitures, le pétrole brut, les pièces ou accessoires automobiles, les fractions sanguines, y compris les antisérums, puis les mélanges de médicaments en doses. Ensemble, ceux-ci représentent 16,7 % des dépenses totales de l’Allemagne en biens importés en 2024. Près des deux tiers (61,9 %) de la valeur totale des importations allemandes en 2024 provenaient d’autres pays européens.

Avec une population de 84,8 millions d’habitants, l’Allemagne est également le marché le plus important de l’UE pour les biens de consommation.

Le secteur industriel représente environ 26,5% du PIB et emploie 27% de la main-d’œuvre du pays. L’Allemagne est le pays le plus industrialisé d’Europe et son économie est bien diversifiée : outre l’industrie automobile qui est le secteur le plus important du pays, on peut également citer d’autres grandes industries comme la construction mécanique, les équipements électriques et électroniques et les produits chimiques. Globalement, les activités manufacturières représentent à elles seules 18% du PIB. L’activité industrielle se concentre dans les Länder du Bade-Wurtemberg et de la Rhénanie-du-Nord-Westphalie, où se trouvent plus de la moitié des 1600 entreprises manufacturières allemandes identifiées comme leaders du marché mondial. Cependant, le secteur des semi-conducteurs se développe davantage en Saxe, dans un cluster situé autour de Dresde.

Le secteur agro-alimentaire

Avec environ 100 à 120 milliards d’euros d’importations/an, l’Allemagne est le premier marché européen de consommation alimentaire et le pays est très dépendant des importations pour certains produits alimentaires et ingrédients industriels. Les principaux fournisseurs sont les Pays-Bas, la France, l’Italie et la Belgique.

Les acheteurs allemands sont de différents types : les importateurs/distributeurs (le plus utilisés par les sociétés belges), l’industrie agro-alimentaire allemande, les centrales d’achat et chaînes de supermarchés (Aldi, Lidl, Rewe, Edeka..), les magasins bio/spécialisés, qui souvent vendent des produits importés via certains distributeurs, et les consommateurs finaux (généralement par webshop). L’Allemagne est exigeante en ce qui concerne les normes alimentaires : la plupart des produits importés doivent respecter la réglementation UE sur la sécurité alimentaire, l’hygiène, la traçabilité. En outre, certains produits (viande, lait, produits bio, boissons alcoolisées) doivent se conformer aux normes BfR et Bundeslebensmittelschlüssel.

Comme tendances, on peut noter : une forte croissance de produits bio et durables, l’attrait pour des produits étrangers premium et une forte demande d’ingrédients transformés de la part de l’industrie agroalimentaire.

Le secteur de la défense

Le secteur de la défense en Allemagne est en pleine transformation, stimulé par des impératifs géopolitiques et des engagements renforcés au sein de l’OTAN. Cette dynamique offre de nouvelles opportunités pour les entreprises wallonnes souhaitant exporter vers ce marché. L’Allemagne prévoit d’augmenter ses dépenses de défense à 3,5 % du PIB d’ici 2029, dépassant ainsi les objectifs actuels de l’OTAN. Un fonds spécial de 100 milliards d’euros a été alloué pour moderniser les capacités de la Bundeswehr, avec une liste de 154 achats majeurs prévue entre septembre 2025 et décembre 2026. La définition des "besoins militaires" a été élargie pour inclure des fournitures civiles telles que des équipements médicaux et des matériaux de construction, reflétant une approche plus intégrée de la défense.

Malgré une forte capacité industrielle nationale, l’Allemagne dépend encore des importations pour certains équipements spécifiques comme les missiles de défense aérienne, les munitions et véhicules blindés.

Des opportunités existent en matière de composants spécialisés, notamment avec des matériaux composites ou des systèmes électroniques embarqués. Il existe également un intérêt potentiel pour les technologies de défense avancées, comme les solutions en cybersécurité, les systèmes de communication sécurisés, et les technologies de surveillance. Au vu de l’importance du secteur logistique en Belgique, des services de transport et de stockage adaptés aux besoins spécifiques du secteur de la défense, pourraient également être proposés.

Le secteur aérospatial

En 2024, l’industrie aérospatiale allemande a généré environ 52 milliards d’euros de chiffre d’affaires. Le pays est l’un des leaders européens dans les avions civils, le spatial et les sous-ensembles aéronautiques et exporte une part très importante de sa production. La région d’Hambourg est un important centre pour la construction aéronautique. Le site d’assemblage d’Airbus y assemble de grosses unités (moteurs, ailes, carrosserie) fabriquées dans d’autres sites. Il est également spécialisé dans l’aménagement intérieur des avions.

L’Allemagne cherche à promouvoirl’aviation durable, notamment par le développement de carburants d’aviation durables (SAF – Sustainable Aviation Fuels).

Les grands donneurs d’ordre (Airbus, Lufthansa Technik, etc.) ont constitué une chaîne approvisionnement de fournisseurs agréés. Pour certaines composants, technologies ou matériaux spécifiques, l’Allemagne dépend des importations, qui sont en croissance. Les fournisseurs étrangers peuvent se positionner sur plusieurs niches essentielles :

  • Les matériaux avancés & composites qui sont nécessaires pour alléger les structures, et améliorer l’efficacité énergétique.
  • Les systèmes d’avionique, capteurs, électronique embarquéequi évoluent rapidement et sont souvent importées.
  • Lesailes, le fuselage, les nacelles et les pièces mécaniques, pour lesquels l’Allemagne possède des sites de production, dont la capacité est parfois insuffisante.
  • Les moteurs & composants de propulsionqui sont des composants critiques avec des exigences élevées en précision et performance.

Dans le domaine spatial, l’Allemagne développe sa propre capacité spatiale, entre autres avec des satellites d’observation et navettes de service, ce qui nécessite des composants très spécialisés, parfois importés ou développés via des partenariats à l’étranger.

En résumé, il existe des opportunités pour des composants ou matériaux de niche pour lesquels la demande dépasse l’offre locale, ou pour innovations dans les carburants durables, l’avionique, les composites légers pour les avions et les satellites. Il existe également une demande pour des services de MRO pour pièces de rechange, diagnostics, calibrage, etc. Des partenariats avec des fournisseurs établis en Allemagne ou en Europe pourront permettre de s’intégrer dans la chaîne d’approvisionnement. Dans le domaine spatial, la participation à des projets européens ou programmes spatiaux allemands ou de l’ESA constituera une excellente référence pour devenir fournisseur en Allemagne.

Le secteur des dispositifs médicaux

L’Allemagne est, en valeur, le premier marché européen pour les dispositifs médicaux (“MedTech”). En 2022, le volume total du marché européen (MedTech + IVD) était d’environ 160 milliards d’euros, avec une part de près de 43 milliards pour l’Allemagne, à laquelle s’ajoutent environ 5 milliards pour les dispositifs de diagnostic in vitro. Le marché connaît une croissance régulière, liée au besoin de modernisation des hôpitaux, au vieillissement de la population, aux exigences accrues en technologie et à la digitalisation des soins. Pour importer ou commercialiser des dispositifs médicaux en Allemagne, il faut respecter un certain nombre de règles très strictes. Le BfArM (Federal Institute for Drugs and Medical Devices) joue un rôle central pour certains dispositifs médicaux, notamment pour les évaluations et les essais cliniques. La réglementation européenne MDR (Medical Device Regulation, 2017/745) est appliquée en Allemagne.

Des opportunités existentnotamment en matière de : dispositifs de diagnostic (IVD), de prothèses et implants orthopédiques, d’instruments chirurgicaux, de produits pour soins à domicile et de télémédecine.

Malgré la taille du marché et les besoins d’importation, les défis restent importants pour pénétrer celui-ci, car les coûts de certification, des essais cliniques et de documentation sont élevés. En outre, les exigences en matière de sécurité et de traçabilité sont très strictes. Parmi les obstacles, notons également le système complexe de remboursement et d’assurance : pour que certains dispositifs soient remboursés, ils doivent être reconnus par les assurances maladie, ce qui nécessite souvent des procédures supplémentaires ou des preuves d’efficacité.

La complexité des procédures rend quasiment indispensable l’appel aux services d’un représentant ou distributeur local pour les autorisations, la logistique et le service après-vente.